Cadres en Bretagne
26
JUIN
2017

Les dîners celtiques : là où rayonnent les grands patrons bretons

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Elus, industriels, patrons de médias… A Paris ou à l’étranger, la Bretagne dispose de nombreux défenseurs de ses intérêts. Réunis dans des clubs VIP ou s’apprivoisant lors de dîners secrets, qui sont les bretons les plus puissants et pourquoi ces réseaux font vivre le territoire breton ?

Diners-Celtiques

Des clubs d’anciens élèves… aux dîners confidentiels

Tous les deux mois depuis 2006, a lieu le plus grand rassemblement des bretons VIP au Café Fauchon à Paris. A l’initiative de l’association Les Dîners celtiques, plus de 100 cadres, dirigeants et autres fortunes bretonnes sont réunis pour un dîner d’exception. Au programme, des rencontres, une remise de prix et un invité d’honneur : grand patron, artiste ou personnalité politique… On y parle de la Bretagne évidemment. Mais l’aspect business est immanquable puisqu’un des buts est de faciliter les affaires de manière à ce que ça se répercute en Bretagne. Grâce à la vitalité du réseautage breton à Paris, les espoirs d’affaires sont forts. Les Dîners celtiques constituent la partie émergée du vaste iceberg des réseaux bretons. Pour sensibiliser la jeunesse bretonne à l’avenir de son territoire, le Club Erispoë fédère depuis 2012 des élèves bretons des grandes écoles et des universités. Objectif : inciter les futures « élites » à envisager une carrière au pays. Pour les plus financiers des bretons (dirigeants exerçant ou ayant exercé des fonctions financières dans les grandes entreprises françaises) c’est le Club des Trente qu’il faut choisir. Actif depuis 1973, il organise des dîners mensuels strictement confidentiels.

Qui sont les puissants bretons ?

Sur la liste des membres, il y a des grands industriels comme les Leclerc, père et fils. D’une épicerie à Landereau naîtra une chaîne de plus de 400 hypermarchés. Une autre célèbre famille bretonne est ancrée à Carentoir (Morbihan) : les frères Guillemot, génies des jeux vidéos avec Ubisoft (Prince of Persia, Assassin’s Creed…). Toujours dans le Morbihan mais à La Gacilly, c’est Yves Rocher qui marque son territoire. Il est à la fois une figure politique locale, maire pendant 40 ans et créateur d’emploi avec 3500 employés en Bretagne grâce à ses boutiques, son musée végétal et son éco hôtel. Dans les grands de cette région, il faut mentionner Louis Le Duff, roi de la restauration rapide avec les concepts de la Brioche Dorée, Pizza Del Arte et Bakery Bruegger’s. Les dirigeants de Séché Environnement, Job Connexion et Buffalo Grill sont des bretons également présents dans ces clubs d’élite, mais aussi François Pinault (fondateur du groupe Kering, avec les marques Gucci, Saint Laurent, Puma…) ou encore Vincent Bolloré. Venant d’autres horizons mais tous bretons on citera également le député de Saint-Malo, le président du Comité des pêches de Bretagne et la directrice éditoriale du magazine National Geographic.

 

Quelles avancées pour la Bretagne ?

De tous secteurs et partout en France, ces puissants bretons se fédèrent autour d’une cause : faire reconnaître l’identité et le rayonnement économique de la Bretagne. Par exemple, le groupe d’influence Célib (Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) œuvre à faire pression pour assurer la modernisation de la Bretagne. De manière individuelle, les initiatives des patrons bretons sont nombreuses. Vincent Bolloré, propriétaire de Canal+ a massivement investi dans les batteries des voitures électriques Bluecar sur son site près de Quimper. D’où l’immatriculation en 29 des Autolib’ parisiennes… Les clubs dont on a parlé précédemment couronnent la meilleure opération financière de l’année pour le Club des Trente et une action majeure conduite en Bretagne dans l’année écoulée ou un projet structurant pour l’avenir de la région, dans les domaines culturels, économiques ou sociaux pour les Dîners Celtiques. Ce maillage d’acteurs socio-économiques est régulièrement qualifié de « lobby breton ». Un terme dont se défend par Jakez Bernard, président de Produit en Bretagne « Je ne vois pas ce qu’on entend par lobby. Mais il est vrai qu’en Bretagne, on peut s’allier malgré nos opinions divergentes et se mettre en ordre de marche pour défendre un intérêt supérieur : celui des gens qui vivent ici ».